Enseigner, c'est offrir une partie de soi.

On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est. - Jean Jaurès

dimanche 25 mai 2014

« Il n'y a guère au monde un plus bel excès que celui de la reconnaissance. » de Jean de La Bruyère


Lors de ma quatrième semaine de mise en pratique, j’ai expérimenté la technique du « catch someone doing something right ». Je pratique déjà cette technique au quotidien, mais de façon plus générale au groupe, sans viser un individu en particulier. Or, cette semaine, j’ai pris le temps de féliciter mes élèves un à un, de leur spécifier comment je me sens lorsqu’ils agissent bien et je les ai encouragés à poursuivre leur succès! En cette période de préparation aux examens du ministère, mes élèves sont plus fragiles. Le fait de les encourager dans ce qu’ils font de bien les gonfle à bloc et le climat de classe se bonifie! Certains collègues m’ont même fait part du calme et de la sérénité qui règnent dans ma classe et sont étonnés en cette veille d’examen!

« Il n'est aucun problème humain qui ne puisse trouver sa solution, puisque cette solution est en nous. » de Alfred Sauvy

Lors de ma cinquième semaine, j’ai mis en pratique l’approche axée sur les solutions. Les examens … toujours ces fameux examens! Combien d’élèves succombent face à la pression exercée par leurs enseignants qui veulent tant la réussite de ces examens? Grâce à mon approche axée sur les solutions, aucun! Durant la session d’hiver, j’ai suivi un cours sur la différenciation pédagogique. Lors de ce cours, j’ai bonifié un aspect de ma pédagogie en laquelle je crois depuis longtemps, c’est-à-dire la recherche de solutions aux problèmes diagnostiqués! Un examen échoué : d’accord, mais n’en restons-pas là! Il faut aider l’élève à trouver la solution à son problème. C’est ainsi que mon enseignement se fait depuis à la recherche de solutions. J’explique donc à mes élèves leurs problèmes. Je ne cherche pas à les cacher, bien au contraire. C’est en comprenant mieux le problème que mes élèves peuvent y remédier. Ainsi, j’accompagne mes élèves dans la recherche de solutions à leurs problèmes, qu’ils soient académiques ou autres.

Cette semaine, j’ai toutefois cherché à trouver des solutions à mes problèmes. C’est ainsi que face à un manque de temps pour m’entraîner, j’ai plutôt pris ce temps durant l’heure du dîner. Devant une pile de correction qui n’en finit plus, j’ai pris une fin de semaine complète pour corriger. Devant la fragilité de mes élèves qui s’exprime par de l’agitation, je suis plus calme, prend plus de temps pour les rassurer et m’assure d’instaurer un environnement le plus sécurisant possible (ex : musique zen, lumière tamisée, ton de ma voix rassurant).

« La première règle avant d’agir consiste à se mettre à la place de l’autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là.  » de Abbé Pierre

Lors de ma sixième semaine, j’ai beaucoup mentalisé avec mes élèves. En cette dernière semaine avant les examens, j’ai décidé de rassurer l’anxieux de mes élèves en leur expliquant que je le reconnaissais et le comprenais, mais que j’avais des solutions pour le rassurer. Ainsi, je les ai préparé, non seulement sur le rappel des stratégies à employer lors de l’examen, mais aussi aux habitudes à adopter pour calmer leur anxieux. Aussi, j’ai mentalisé leur fatigue, car cette semaine était chaude et nous avons travaillé beaucoup et longtemps. Le fait de mentaliser ne suffit pas toujours. Mentaliser, c’est aussi se mettre à la place de l’autre et malgré mon propre anxieux qui voulait profiter de chaque minute pour les préparer aux examens, j’ai pris du temps pour m’amuser avec mes élèves à l’extérieur!

« La valeur d'un professeur se mesure à la personnalité de ses élèves. » de René Leriche

Lors de ma septième semaine d’analyse de pratique, j’ai travaillé les subpersonnalités de mes élèves. En plein examens du ministère, mes élèves ont besoin de comprendre qu’ils ne sont pas « bons » ou « poches » comme ils se le disent à haute voix. Pour tout le groupe, j’ai expliqué qu’il fallait chercher sa subpersonnalité du travailleur, qui donne tout son maximum pour réussir, qui s’investit pleinement dans son évaluation. Il s’agit d’ailleurs une explication positive comportementale au lieu d’une explication négative caractérielle que plusieurs enfants doivent développer. Ils devraient laisser de côté leur paresseux qui trouvera le temps long durant les deux heures d’examen et qui, après une heure, ne voudra plus réviser ses réponses ou fera semblant. Pour commencer, avant l’examen, j’ai fait sept respirations en pleine conscience afin de libérer dans notre cerveau limbique notre subpersonnalité stressée et/ou anxieuse pour chercher notre calme et notre confiant. Je suis passé dans les rangées de bureaux pour rappeler à certains élèves le nécessitant que s’ils ont une subpersonnalité qui doute d’eux-même, ils en ont une qui sait toutes les réponses et qui est confiante et optimiste. Or, le lendemain de la première épreuve, j’ai dû faire un retour avec certains élèves qui se sont fait avoir par leur subpersonnalité trop confiante ; ils n’ont pas donné tout ce qu’ils pouvaient, ils se sont faits trop confiance et n’ont pas révisé leur examen. Certains ont même été en situation d’échec, alors qu’ils auraient dû avoir un bien meilleur résultat. L’épreuve de lecture se faisant en deux temps, je leur ai demandé de chercher leur subpersonnalité méfiante, qui se pose beaucoup de questions et cherche à s’assurer que leurs réponses sont les plus adéquates possibles et répondent le mieux aux exigences du ministère et les progrès furent énormes!

Non seulement j’ai travaillé les subpersonnalités de mes élèves en contexte d’examen, mais aussi en contexte relationnel. En effet, un conflit perdurait entre trois élèves de ma classe. Deux d’entre eux jouaient avec la fragilité du troisième. J’ai fait prendre conscience à ceux qui blessaient le troisième qu’ils avaient deux amis en eux : un ami « bitch » et un « bon » ami. L’ami « bitch » se moque de l’autre, n’est pas loyal, s’amuse volontairement ou non à faire du mal à l’autre, ne fait pas preuve d’empathie envers l’autre, pense à soi avant l’autre. Le « bon » ami fait attention à l’autre, lui ait loyal, s’assure de protéger la partie fragile de l’autre lorsqu’il l’expose avec vulnérabilité, fait preuve d’empathie et pense à l’autre parfois avant soi. Je leur ai expliqué qu’en ce moment, ils étaient des amis « bitch » et ils m’ont fait part qu’ils n’aimaient pas cette subpersonnalité. Après s’être excusés au troisième élève, ils lui ont expliqué qu’ils s’engageaient à ne plus être de mauvais amis, mais de bons amis qui l’aideraient et resteraient loyaux envers lui.

Ce troisième élève est lui-même en souffrance. J’ai fait un grand travail avec lui pour lui expliquer qu’il n’était pas susceptible, comme il se le répète depuis le début de l’année, mais qu’il a un susceptible qui est fort en lui, car il a été souvent blessé par les autres, donc il cherche à se protéger. Il a toutefois un confiant qui, quand le contexte et la sécurité en amitié sera plus stable, pourra mieux s’exprimer. Cette semaine était chargée en émotions négatives pour lui et je lui ai fait prendre conscience que notre vie est cyclique : comprenant des cycles plus optimiste et d’autres plus négatifs qui se succèdent. Présentement en cycle négatif, je lui ai expliqué que la première chose à faire est de l’accepter. Ensuite, de travailler ses subpersonnalités positives. Ainsi, il devrait mettre de côté son impatient et chercher son patient, mettre de côté son ami « bitch » à lui aussi et chercher son « bon » ami. Une belle amélioration dans les relations avec les autres s’est effectuée en ce cours laps de temps! Un travail à poursuivre! 

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