Enseigner, c'est offrir une partie de soi.

On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est. - Jean Jaurès
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jeudi 15 mai 2014

Je ne vivrai cette vie qu’une seule fois. Alors laissez-moi faire le bien, Être bon, aujourd’hui même. Ne me laissez pas remettre à plus tard mon devoir, car il est possible que je ne sois plus ici. - Mohandas Gandhi

Voici l'article de journal de mon amie Marie-Maxime Cousineau, des Hebdos du Suroît, sur notre beau projet d'équipe de construction d'une école en Inde avec nos élèves de sixième année! Dhanoviad Marie-Maxime pour ce bel article!


Faire la différence une respiration à la fois

Marie-Maxime
Marie-Maxime Cousineau

Yoga bénéfice

Les élèves de sixième année de l’école Auclair de Saint-Lazare partagent un même objectif qui est tout à fait hors du commun: bâtir une école en Inde! Et pour amasser des fonds, quoi de mieux que d’organiser un Yoga-O-thon!


Matthieu Léveillé a visité l’Inde pour la première fois l’été dernier. Touché par la pauvreté de la population, il a choisi de mener un projet rassembleur avec ses élèves pour la construction d’une école en Inde.
Grand voyageur, Matthieu Léveillé, enseignant de sixième année à l’école primaire Auclair, a visité de nombreux pays partout dans le monde. Dans chacun de ses voyages, il se laisse gagner par une nouvelle culture, de nouvelles coutumes. L’été dernier, c’est en Inde qu’il a passé plus d’un mois, un pays qu’il visitait pour la toute première fois. « J'y ai découvert un pays merveilleux, mais aussi très pauvre. La réalité des enfants indiens est très difficile: seulement 50 % des filles et 60 % des garçons en âge de fréquenter l’école y sont inscrits. Le travail des enfants est un véritable fléau qui perpétue le cycle de la pauvreté de plusieurs communautés », a souligné l’enseignant.

Désireux de créer un réel impact sur la vie des enfants indiens, Matthieu a proposé à ses collègues de mettre sur pied un projet concret qui s’échelonnerait sur toute l’année scolaire: construire une école en Inde. C’est ainsi que dès septembre, avec ses collègues enseignantes de sixième année Julie Quenneville, Julie Trottier, Annie Chouinard et Mélanie Meloche, Matthieu Léveilé a embarqué à pieds joints dans ce projet d’envergure.
Pour ce faire, les enseignants de l’école Auclair ont choisi de collaborer avec Enfants Entraide. Cet organisme a pour mission principale d'affranchir les enfants de la pauvreté et de l'exploitation et de les libérer de la préconception de leur impuissance à participer positivement à des changements sociaux mondiaux.
Ainsi, après avoir appris à leurs élèves de sixième année la réalité difficile des droits de l'enfant dans différents pays, et après les avoir convaincus qu’eux aussi, bien qu’il soient jeunes, peuvent faire une différence dans le monde, les activités de financement ont commencé.
En novembre, les élèves de l’école Auclair ont vendu du café durant les rencontres de parents. Ils ont ensuite organisé une kermesse de Noël en décembre. Puis, en février, ils ont participé à la campagne Unis pour l'amour en vendant des macarons fournis par l’organisme Enfants Entraide.
« Les jeunes sont très enthousiastes! Ils adorent s'impliquer bénévolement et ont un réel désir de s'investir dans le projet. Certains d'entre eux ont d'ailleurs été invités à l'événement que tient l'organisme dans plusieurs villes nord-américaines, le We day et certains ont même rencontré Craig Kielburger en personne, le fondateur d’Enfants Entraide », a partagé Matthieu Léveillé.
La réalité des enfants indiens est très difficile: seulement 50 % des filles et 60 % des garçons en âge de fréquenter l’école y sont inscrits. – Matthieu Léveillé, enseignant de sixième année à l’école Auclair
Jusqu’à présent, les élèves de l’école Auclair ont réussi à amasser 3500 $ pour la construction de leur école en Inde. Pour atteindre leur objectif, il leur faudra atteindre 8000 $ d’ici la fin de l’année scolaire. Aussi, les élèves tiendront d’autres activités de financement dans les prochains mois.
Un Yoga-O-thon pour amasser des fonds
Puisqu’ils construisent une école en Inde, les élèves de l’école Auclair ont organisé une activité fortement imprégnée de la culture indienne : un Yoga-O-thon. La séance d’une durée approximative d’une heure se tiendra le vendredi 21 mars prochain, dès 19 h, au gymnase de l’école Auclair à Saint-Lazare. Le Yoga-O-thon se déroulera sous les instructions de la professeure de yoga Stéphanie Théorêt de Tara Yoga, cours de yoga et accompagnement à la naissance.
Pour participer à l’activité, les personnes intéressées doivent être âgées d’au moins 13 ans et devront débourser 15 $. Tous les profits seront versés directement à l’organisme Enfants Entraide. Les intéressés doivent s’inscrire avant le 15 mars par courriel au yogaothon@outlook.fr, ou via la page Facebook de l’activité, Yoga bénéfice pour la construction d’une école en Inde. Les participants devront apporter leur tapis de yoga et des vêtements confortables. L'école Auclair est située au 1550, rue des Cèdres, à Saint-Lazare.
À propos d'Enfants Entraide
Fondé en 1995 par Craig Kielburger, activiste international des droits de l'enfant, Enfants Entraide croit en un monde où les jeunes sont libres d’atteindre leur plein potentiel en tant qu’acteurs de changement. Aujourd'hui, plus d'un million de jeunes se sont impliqués dans ses programmes d'éducation et de développement innovateurs dans plus de 45 pays. Depuis sa création, l’organisme a construit plus de 650 écoles et salles de classe autour du monde et a rejoint plus d'un million de jeunes en Amérique du nord grâce à ses campagnes de sensibilisation.

mardi 4 juin 2013

« Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite. » ─ Lou Holtz

L'entraîneur de football américain, Lou Holtz, résume à merveille par ces quelques phrases les secrets de la motivation : un sentiment de capacité (ai-je les aptitudes de le faire?) et la valeur qu'on y accorde (qui influencera mon attitude devant une situation), sans oublier l'environnement qui peut pallier aux lacunes de l'un et/ou de l'autre. Cette année, par mon lien d'attachement assumé avec tous mes élèves, j'ai travaillé grandement la motivation de mes élèves. Je vous présenterai ici le travail effectué avec l'un d'entre eux. 

1.      Compte rendu d'expérimentation
Dès le départ, j'ai privilégié la création d'un environnement de saine autorité dans ma classe en favorisant le lien d'attachement avec tous mes élèves afin de  les sécuriser et de travailler leur motivation scolaire et sociale. Par exemple, je leur serre la main tous les matins et tous les soirs et je fais preuve d'humour avec eux afin de créer ce climat où apprendre est amusant.

Concernant l'environnement, j'ai créé une zone de coopération et les élèves s'entraident, notamment par le forum de devoirs et de leçons que j'ai mis en place sur la plateforme informatique Moodle.

Pour la motivation sociale, j'évite l'humiliation et je n'ai pas besoin de procéder par conséquences ou systèmes d'émulation qui finissent par abrutir l'élève qui n'agit qu'en fonction de ces conséquences ou récompenses. J'ai privilégié plutôt la compréhension des conséquences des gestes sur le vivre-ensemble, en apprenant à mes élèves à faire preuve d'empathie.

Pour la motivation scolaire, je me suis assuré que l'élève se sente capable de réaliser les tâches que je lui propose, notamment par la différenciation pédagogique. Aussi, je m'assure que l'élève accorde de la valeur à ce que je lui propose. Par exemple, je leur explique que moi aussi je trouve vraiment ennuyant de devoir apprendre les règles de grammaire, mais je leur fais prendre conscience que cet apprentissage n'a pas pour but d'être amusant, mais qu'il est utile et que s'ils travaillent bien et s'assurent de comprendre la règle à l'étude, on pourra ensuite passer à d'autres aspects plus amusants! Ils comprennent ainsi la valeur des apprentissages qu'ils effectuent!

Or voilà, malgré toutes mes interventions, quelques élèves ont besoin d'interventions plus ciblées pour les motiver. C'est le cas de mon élève dont j'ai décidé de faire mon analyse. Nous sommes au retour des vacances de Noël. Cet élève est en sixième année. Il vit dans un contexte familial particulier et souffre très certainement d'un déficit d'attachement qui l'insécurise grandement. Il n'est pas mature émotionnellement. Il a de la difficulté à comprendre ses émotions et à les maîtriser, malgré quelques progrès depuis le début de l'année. Au retour des fêtes, il est agité, légèrement arrogant, visiblement affecté par ses deux semaines qui ont dues être éprouvantes pour lui. Alors qu'il avait une certaine motivation à réussir et à faire le bien pour me plaire, ces deux semaines de séparation ont détruit presque tout le travail effectué avec lui depuis septembre.

Après deux semaines de piètres résultats, de manque flagrant de motivation à travailler et à bien le faire ainsi que de plusieurs conflits avec les autres élèves de la classe, j'ai pris la décision de le rencontrer seul. J'ai exposé ma vision de la situation tout en mentalisant les possibles difficultés qu'il rencontrait à la maison. Je l'ai fait en m'assurant de  conserver et de reconstruire le lien d'attachement. Je lui ai fait prendre conscience que s'il continuait ainsi, il ne passerait pas sa sixième année. Sans avoir signé de réel contrat, je lui en ai fait prendre un avec moi. Je me suis engagé à tout donner pour lui à la condition qu'il réponde à mes exigences : de faire les bons choix avec ses pairs (motivation sociale) et de travailler fort à l'école et à la maison pour réussir comme il se doit (motivation scolaire). J'ai convoqué les tuteurs pour discuter de la situation et nous nous sommes engagés à travailler ensemble pour la réussite de leur enfant.

Depuis cette intervention, mon élève s'est métamorphosé! Cela a pris du temps et beaucoup de suivi de ma part et de la part de ses tuteurs, mais maintenant, il a accordé de la valeur à son travail et son environnement l'encourage à donner le meilleur de lui. Sa motivation qui était totalement nulle est maintenant passée au stade où ses agissements sont faits pour plaire à ses figures d'attachement et tranquillement à prendre conscience qu'il le fait pour lui-même.

2.      Fondements théoriques de l'expérimentation
Lors de mes interventions, j'ai travaillé tous les facteurs motivationnels. En travaillant sur la capacité, je m'assure qu'aucun élève n'est submergé par la difficulté d'une tâche. Je m'assure également de donner un sens à mes élèves au travail qu'ils font afin d'augmenter la valeur qu'ils y accordent. Finalement, par la création d'un climat sain de classe et en collaboration avec les parents, j'ai construit un environnement qui favorise la motivation.

Pour mon élève, le sentiment de capacité n'était pas le problème. Il s'agissait plutôt du peu de valeur qu'il accordait à fournir l'effort au travail et à faire de bons choix. L'environnement l'a grandement marqué. Au départ négativement, je me suis assuré de fournir l'environnement nécessaire, empli d'amour et de soutien pour qu'il finisse par accorder la valeur nécessaire pour retrouver la motivation de réussir. 

3.       Conclusions et cheminement personnels ; transferts dans ma pratique  

Par mes interventions sur les facteurs motivationnels, j'ai constaté une différence inégalée entre mes élèves de cette année et ceux de l'année passée. C'est une communauté motivée qui s'apprête à partir au secondaire l'an prochain. Leur motivation à réussir transparaît dans l'étude qu'ils ont fournie tout au long de l'année et par leur volonté de faire le bien autour d'eux. Maintenant que je comprends les facteurs motivationnels, je me sens beaucoup plus compétent pour agir sur la motivation de mes élèves. 

jeudi 7 mars 2013

« Au théâtre, le langage est tout. » - Vittorio Gassman

Comme le cite Vittorio Gassman, acteur, réalisateur et scénariste italien,  le théâtre est la tribune idéale pour travailler le langage. Qu'il soit écrit, oral, émotionnel ou gestuel, le langage du théâtre permet à l'enfant de se mettre dans la peau d'un personnage et de vivre à travers celui-ci une gamme d'émotions et de sentiments. 

Je suis très fier de constater les progrès qu'ont réalisés mes élèves à travers notre projet de théâtre. Je laisse la plume de Marie-Maxime Cousineau, journaliste aux Hebdos du Suroît et amie de longue date, vous présenter notre projet. 

Pas moins de cinq mois de préparation ont été nécessaires aux élèves de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys afin de présenter devant public une pièce de théâtre pensée, écrite et produite par eux seuls.
Plus de quatre-vingt parents et amis se sont rassemblés dans le gymnase de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys située aux Cèdres afin d’assister à la pièce Une croisière presque parfaite. Mettant en scène plus d’une quarantaine d’élèves de cinquième et de sixième année du primaire, la pièce a été préparée du début à la fin par ces derniers, les enseignants n’intervenant qu’à quelques rares occasions.
Les enseignants Matthieu Léveillé et Geneviève Boyer ont joint leurs efforts afin de mettre sur pied une pièce de théâtre dans laquelle leurs deux groupes collaboreraient. Le projet a débuté en octobre dernier alors que Matthieu et Geneviève ont présenté à leurs élèves la mise en scène pour la pièce qui se déroule sur une île. Chaque élève devait créer son propre personnage tiré de son imagination ou encore de la vie quotidienne, une activité amusante que les élèves ont eu beaucoup de plaisir à réaliser.
Alors que les écoliers élaboraient l’histoire, les enseignants y inséraient à l’occasion une situation problématique afin de pimenter le récit. « Les élèves proposaient plusieurs variantes pour poursuivre la pièce et nous procédions par vote pour choisir celles que nous préférions », a expliqué Matthieu Léveillé.
Ainsi, dès novembre, les élèves ont commencé l’écriture de la pièce et ils l’ont terminée avant les vacances de Noël. Enfin, ils ont pratiqué leur jeu de théâtre de janvier à février. Les écoliers ont également eu à se familiariser avec l’arrière-scène. Ce sont eux qui se sont occupés de l’éclairage, du soufflage, des décors et des maquillages. Après cinq mois de préparation, ils ont présenté le fruit de leurs efforts devant parents et amis.
Un projet d’envergure
En plus de devoir enseigner à leurs élèves les arts de la scène et le travail en coulisses, les enseignants ont eu recours à diverses ressources. Notamment, Geneviève Boyer et Matthieu Léveillé ont collaboré avec Patrick Rozon, enseignant d’arts dramatiques à l’école secondaire de la Cité-des-Jeunes. Des élèves du secondaire étudiant les arts de la scène sont venus à l’école Marguerite-Bourgeoys afin de donner des ateliers de théâtre aux plus jeunes, les aidant à mieux interpréter leur personnage.
« Il y a un côté magique aux élèves de sixième année. Ils n’ont pas peur du ridicule, ils sont à l’aise devant un public, mais surtout, ils n’ont pas eu peur d’embarquer dans un projet d’une telle envergure. » - Matthieu Léveillé, enseignant à l’école Marguerite-Bourgeoys.
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Matthieu Léveillé s’est dit très surpris du bon déroulement du projet. « Il y a un côté magique aux élèves de sixième année. Ils n’ont pas peur du ridicule, ils sont à l’aise devant un public, mais surtout, ils n’ont pas eu peur d’embarquer dans un projet d’une telle envergure », a-t-il souligné.
Drôle, charmante et bien pensée, la pièce, très colorée, versait dans l’humour et lançait plusieurs clins d’œil à la vie quotidienne.
Si pour certains élèves les arts de la scène étaient tous nouveaux, ils sont nombreux à s’être découvert un talent caché. Pour Anne-Sophie, l’expérience a été inoubliable : « Je croyais être gênée, mais jouer dans une pièce de théâtre m’a permis d’être plus extravertie », a indiqué la jeune fille. Ce projet d’une grande ampleur constituera certainement l’élément marquant de leur année scolaire. 
lien de l'article : http://www.journalletoile.com/Societe/Education/2013-03-03/article-3191098/Une-experience-inoubliable/1 

dimanche 23 janvier 2011

« Un enfant qui ne s’est instruit qu’à l’école n’est pas un enfant instruit. » — George Santayana

Compétence 9: Coopérer avec l’équipe-école, les parents, les différents partenaires sociaux et les élèves en vue de l’atteinte des objectifs éducatifs de l’école.

Compétence 10 : Travailler de concert avec les membres de l’équipe pédagogique à la réalisation des tâches permettant le développement et l’évaluation des compétences visées dans le programme de formation, et ce, en fonction des élèves concernés.
J’ajouterais à cette citation qu’un enfant qui n’est éduqué qu’à l’école n’est pas un enfant éduqué, car l’éducation englobe l’instruction, la socialisation et la qualification. Le rôle des parents dans l’éducation de leur enfant est primordial. L’enseignant se doit alors de travailler en partenariat avec la famille.
« Depuis la dernière décennie, la documentation gouvernementale, professionnelle et scientifique insiste davantage sur l’importance, pour les milieux scolaires, d’établir des relations de collaboration, voire de partenariat avec les parents (Terisse, Larivée et Blain 2008; Deslandes et Bertrand, 2001; MÉQ 2001a). »

Comme le soulignent Mme Carole Raby et Annie Charon dans leur ouvrage « Intervenir au préscolaire », de nombreux impacts positifs résultent d’une bonne collaboration entre la famille et l’école. Plus les liens sont forts entre les deux, plus le cheminement scolaire de l’enfant est positif. « Ce faisant, les enseignantes ne doivent plus se poser la question de savoir si elles doivent travailler avec les parents, mais plutôt comment elles peuvent le faire, afin de favoriser l’établissement de relations positives avec ceux-ci ainsi que leur implication dans le cheminement scolaire de leur enfant ».

Ma mère a longtemps fait du bénévolat au sein de mon école primaire lorsque j’étais enfant; s’impliquant à la bibliothèque de l’école, aidant les élèves anglophones en francisation et lors des évènements scolaires. J’aimais sentir que mon école était importante pour mes parents et qu’ils s’impliquaient dans le milieu qui était alors le plus important pour moi.

« Les parents ont une meilleure attitude envers l’école lorsqu’ils perçoivent les efforts des enseignantes et de l’école pour communiquer avec eux. Par conséquent, la communication école-famille devrait être une priorité pour favoriser la collaboration et l’implication des parents ». Pour moi, la justification de la communication avec les parents ne se pose même pas, j’en fais une priorité. Il est important que les parents comprennent ce que leur enfant travaille à l’école et les réussites qu’il vit.

Trop souvent, les enseignants communiquent avec les parents pour faire part d’une lacune ou d’un problème que leur enfant a rencontré à l’école. Le message que les parents reçoivent est alors très négatif de la part de l’école. Lors de mes quelques expériences en classe, je me suis donné pour mission de renverser la vapeur en soulignant le positif des enfants aux parents.

Lors de mon premier contrat en classe de deuxième année à l’école de l’Épervière de Rigaud, j’ai mis en place un système de motivation où trois enfants pouvaient repartir à la maison avec un méritas soulignant différents aspects liés aux comportements adéquats à adopter en classe. Les enfants étaient très fiers du travail accompli et repartaient tout contents, sachant qu’ils montreraient à leurs parents leur méritas. Un matin, j’ai reçu de la part des parents d’un de mes élèves un petit mot qui m’a confirmé l’importance du lien entre la famille et l’école et surtout, l’importance des liens positifs que doit entretenir l’enseignant avec les parents pour que l’école soit synonyme d'entraide positive entre l'enseignant et la famille.

La présence des parents à l’école est très importante également, car elle permet de montrer aux élèves que l’école et la famille ne sont pas deux entités distinctes, mais en collaboration. Les parents ont un très grand pouvoir de réussite sur leur enfant, que ce soit par la valorisation des études ou l’aide aux devoirs et leçons. Si l’enfant sent que ses parents s’intéressent à son école et viennent y passer du temps, il sera peut-être plus motivé de s’impliquer à son tour.

Lors de mon second stage, en classe de maternelle, j’ai eu l’occasion d’inviter la famille d’une de mes élèves d’origine sénégalaise. Celle-ci était très fière de voir son papa africain présenter sa culture et son pays aux élèves de sa classe. Par cette visite, je tenais à enrichir les connaissances des élèves de tout le groupe, en plus de renforcer le lien entre l’école et la famille de mon élève sénégalaise. Je voulais également travailler le respect de la diversité dans mon groupe, car je considère que c’est l’ignorance qui engendre le rejet ou la discrimination. Finalement, je voulais impliquer les parents de mon élève pour qu’ils sentent que leur origine était une richesse pour tout le groupe et que nous y étions sensibles.

Citations tirées de l’ouvrage : RABY, Carole et Annie CHARON. Intervenir au préscolaire. « Chapitre 4 Communiquer et collaborer avec les parents dès le préscolaire ». Les Éditions CEC inc., Anjou, 2010, p.35 à 46.