Enseigner, c'est offrir une partie de soi.

On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est. - Jean Jaurès
Aucun message portant le libellé C. Compétence 2. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé C. Compétence 2. Afficher tous les messages

vendredi 24 mai 2013

« Dans l’écriture, la main parle ; et dans la lecture, les yeux entendent les paroles. » ─ Eugène Géruzez

L'historien littéraire Eugène Géruzez exprime à merveille la difficulté que représente la lecture, car les élèves doivent mobiliser plusieurs concepts afin de se représenter un texte et d'entendre les paroles ou les pensées de l'auteur. Afin de pallier à ce problème qui concerne l'ensemble des matières (la lecture étant omniprésente en enseignement), j'ai mobilisé les connaissances que j'ai sur les styles d'apprentissages afin d'offrir l'aide adéquate à l'ensemble de mes élèves.

1.      Compte rendu d'expérimentation
Mon enseignement des stratégies de lecture a mobilisé divers styles d'apprentissages. Afin d'aider mes élèves, je leur ai enseigné à faire un survol du texte par les titres, sous-titres et les images afin d'en comprendre le sujet principal. Ensuite je leur ai appris à se donner une intention de lecture concrète et réelle en fonction du sujet et du type de texte. Par exemple, nous faisons des revues de presse à tous les matins où mes élèves doivent se donner comme intention de comprendre un article qui les intéresse afin d'en faire un résumé.

Bien que nous n'ayons pas enseigné à comprendre un texte phrase par phrase puisque les textes sont plus volumineux en fin du primaire, nous demandons à nos élèves de résumer chaque paragraphe par un dessin, un mot ou une phrase. Nous leur expliquons qu'ils doivent s'imaginer un film dans leur tête, en visualisant le texte qu'ils lisent (s'il s'agit d'un texte littéraire) ou en s'appuyant sur les images afin de s'imaginer l'information d'un texte courant.

Tous les jours, j'enseigne à mes élèves à comprendre le sens d'un mot vedette en cherchant les mots de même famille, en regardant les préfixes et les suffixes d'un mot, en regardant le contexte dans lequel le mot se retrouve et tous les jours mes élèves se réfèrent au dictionnaire en ayant appris à l'utiliser et comprendre les différents éléments qui le comprennent. Par exemple, je présente à tous les lundis une expression illustrée à mes élèves et leur fait comprendre que les mots dans une expression ne sont pas utilisés au sens propre mais qu'ils ont  des sens différents. Je leur apprends à se baser d'une image pour comprendre le texte. Je leur présente également l'étymologie des mots afin de comprendre qu'une langue est vivante et que les sens qu'ont les mots ont une histoire.



Nous avons appris à prédire la suite d'un texte et ajusté notre compréhension au fur et à mesure de la lecture. Nous finissons par vérifier si nous avons répondu à notre intention de lecture et nous nous assurons de faire un survol des résumés (dessins ou mots) pour chaque paragraphe afin de compléter notre image globale du texte lu.

Pour finir, nous avons appris à nos élèves à segmenter les informations dans les questions afin de qu'ils s'assurent de donner tous les éléments et de bien comprendre ce qu'on attend d'eux. D'ailleurs, nous leur avons appris à donner une réponse qui est claire, précise et étoffée en se basant sur le texte, sur le texte et sur ses expériences ou sur ses préférences lorsque nécessaire.

Malgré l'enseignement de ces méthodes, certains élèves lisent le texte et ce, parfois plusieurs fois, et ne réussissent pas à en comprendre le contenu. Certains élèves ont de la difficulté à résumer le contenu, à avoir une image globale du texte. D'autres ont de la difficulté à s'arrêter aux détails ou à rétablir l'ordre des événements  Pour certains, la difficulté est de se faire des images mentales du texte, ils lisent les mots sans s'imaginer l'histoire. Alors que pour d'autres, la difficulté est liée à la capacité à inférer et comprendre l'information implicite du texte. Toutefois, le rappel des stratégies les aide à mieux comprendre le texte et dans l'ensemble, j'ai remarqué une amélioration notable de tous mes élèves en lecture.

2.      Fondements théoriques de l'expérimentation
Pour commencer, je cherche à motiver mes élèves en m'assurant de leur capacité à réaliser la tâche en offrant l'aide nécessaire à ceux qui ont plus de difficulté à le faire par un rappel des outils et des stratégies dont ils disposent. De plus, je m'assure que mes élèves accordent de la valeur aux textes lus en leur offrant un contexte réel et concret de lecture : journaux lors de la revue de presse, correspondance scolaire, textes à lire pour la réalisation de questions d'un jeu de société médiéval, etc. Finalement, mon lien d'attachement bien établi avec tous mes élèves les encourage à donner tout ce qu'ils ont et à le faire pour me plaire. Il s'agit d'un contrat que j'établis également lors de mes trois plans d'interventions avec certains élèves.  

Les stratégies que j'ai montrées à mes élèves rejoignent différents styles d'apprentissage. Mes élèves du style séquentiel verbal apprécient de résumer le texte par paragraphe, car cela leur permet de donner un ordre chronologique à l'histoire. Ils comprennent mieux le sens de chaque mot et savent comment chercher l'information dans le dictionnaire. Mes élèves de style simultané verbal apprécient le survol du départ et la capacité à résumer chaque paragraphe par un mot ou une phrase afin de se donner une image globale du texte. Ils ont appris à inférer le sens du texte par l'étude de chansons que nous avons faites et ont appris à comprendre le sens de certains mots et ou expressions. Mes élèves de style séquentiel non verbal ont eu plus de facilité  à se représenter par paragraphe les différentes séquences du texte. Ils se réfèrent davantage aux images et à la séparation du texte en titres et sous-titres. Mes élèves de style simultané non verbal font davantage appel aux images mentales. Dans l'apprentissage des réponses d'appréciation, ils peuvent plus facilement faire de lien avec leur vécu. Les dessins, bien que faits pour chaque paragraphe les aide à comprendre le sens global du texte.

3.       Conclusions et cheminement personnels ; transferts dans ma pratique  

J'ai enseigné mes stratégies en m'assurant que les quatre styles d'apprentissage soient sollicités.  Je comprends d'ailleurs mieux les difficultés rencontrées par mes élèves  lors de la compréhension de texte et je peux mieux les aider en fonction de leur style d'apprentissage. Je continue de leur montrer les stratégies lors des évaluations et ce afin de les préparer aux examens du ministère qui prennent fin aujourd'hui. Grâce aux stratégies enseignées, mes élèves ont une meilleure compréhension du texte et c'est l'ensemble des matières qui en bénéficie, car l'enseignement repose en majeure partie sur la compréhension de texte. 

jeudi 7 mars 2013

« Au théâtre, le langage est tout. » - Vittorio Gassman

Comme le cite Vittorio Gassman, acteur, réalisateur et scénariste italien,  le théâtre est la tribune idéale pour travailler le langage. Qu'il soit écrit, oral, émotionnel ou gestuel, le langage du théâtre permet à l'enfant de se mettre dans la peau d'un personnage et de vivre à travers celui-ci une gamme d'émotions et de sentiments. 

Je suis très fier de constater les progrès qu'ont réalisés mes élèves à travers notre projet de théâtre. Je laisse la plume de Marie-Maxime Cousineau, journaliste aux Hebdos du Suroît et amie de longue date, vous présenter notre projet. 

Pas moins de cinq mois de préparation ont été nécessaires aux élèves de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys afin de présenter devant public une pièce de théâtre pensée, écrite et produite par eux seuls.
Plus de quatre-vingt parents et amis se sont rassemblés dans le gymnase de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys située aux Cèdres afin d’assister à la pièce Une croisière presque parfaite. Mettant en scène plus d’une quarantaine d’élèves de cinquième et de sixième année du primaire, la pièce a été préparée du début à la fin par ces derniers, les enseignants n’intervenant qu’à quelques rares occasions.
Les enseignants Matthieu Léveillé et Geneviève Boyer ont joint leurs efforts afin de mettre sur pied une pièce de théâtre dans laquelle leurs deux groupes collaboreraient. Le projet a débuté en octobre dernier alors que Matthieu et Geneviève ont présenté à leurs élèves la mise en scène pour la pièce qui se déroule sur une île. Chaque élève devait créer son propre personnage tiré de son imagination ou encore de la vie quotidienne, une activité amusante que les élèves ont eu beaucoup de plaisir à réaliser.
Alors que les écoliers élaboraient l’histoire, les enseignants y inséraient à l’occasion une situation problématique afin de pimenter le récit. « Les élèves proposaient plusieurs variantes pour poursuivre la pièce et nous procédions par vote pour choisir celles que nous préférions », a expliqué Matthieu Léveillé.
Ainsi, dès novembre, les élèves ont commencé l’écriture de la pièce et ils l’ont terminée avant les vacances de Noël. Enfin, ils ont pratiqué leur jeu de théâtre de janvier à février. Les écoliers ont également eu à se familiariser avec l’arrière-scène. Ce sont eux qui se sont occupés de l’éclairage, du soufflage, des décors et des maquillages. Après cinq mois de préparation, ils ont présenté le fruit de leurs efforts devant parents et amis.
Un projet d’envergure
En plus de devoir enseigner à leurs élèves les arts de la scène et le travail en coulisses, les enseignants ont eu recours à diverses ressources. Notamment, Geneviève Boyer et Matthieu Léveillé ont collaboré avec Patrick Rozon, enseignant d’arts dramatiques à l’école secondaire de la Cité-des-Jeunes. Des élèves du secondaire étudiant les arts de la scène sont venus à l’école Marguerite-Bourgeoys afin de donner des ateliers de théâtre aux plus jeunes, les aidant à mieux interpréter leur personnage.
« Il y a un côté magique aux élèves de sixième année. Ils n’ont pas peur du ridicule, ils sont à l’aise devant un public, mais surtout, ils n’ont pas eu peur d’embarquer dans un projet d’une telle envergure. » - Matthieu Léveillé, enseignant à l’école Marguerite-Bourgeoys.
-

Matthieu Léveillé s’est dit très surpris du bon déroulement du projet. « Il y a un côté magique aux élèves de sixième année. Ils n’ont pas peur du ridicule, ils sont à l’aise devant un public, mais surtout, ils n’ont pas eu peur d’embarquer dans un projet d’une telle envergure », a-t-il souligné.
Drôle, charmante et bien pensée, la pièce, très colorée, versait dans l’humour et lançait plusieurs clins d’œil à la vie quotidienne.
Si pour certains élèves les arts de la scène étaient tous nouveaux, ils sont nombreux à s’être découvert un talent caché. Pour Anne-Sophie, l’expérience a été inoubliable : « Je croyais être gênée, mais jouer dans une pièce de théâtre m’a permis d’être plus extravertie », a indiqué la jeune fille. Ce projet d’une grande ampleur constituera certainement l’élément marquant de leur année scolaire. 
lien de l'article : http://www.journalletoile.com/Societe/Education/2013-03-03/article-3191098/Une-experience-inoubliable/1 

vendredi 9 octobre 2009

« Le langage est la peinture de nos idées. » — Rivarol

Compétence 2 : Communiquer clairement et correctement dans la langue d’enseignement, à l’oral et à l’écrit, dans les divers contextes liés à la profession d’enseignant.

La maîtrise de la langue est un aspect primordial de l’instruction. La langue est l’outil de communication par excellence de l’enseignement. C’est elle qui exprime nos idées. Bien maîtriser sa langue, c’est exprimer ses propos de façon appropriée et comprendre ceux des autres. C’est pourquoi je considère qu’il est très important d’y être sensibilisé et de la maîtriser parfaitement afin de la transmettre aux futures générations. Le souci de qualité dans mon français écrit et oral est dû en partie à mes origines françaises. En effet, je suis fier d’être riche d’une double citoyenneté : canadienne et française. Ma mère étant originaire de Bretagne, j’y ai passé tous mes étés d’enfance. La langue est donc mise sur un piédestal dans ma famille et je suis reconnaissant d’avoir eu le soutien et l’exigence de l’excellence dans mon parlé écrit et oral. 

Toutefois, il m’arrive encore de faire quelques erreurs à l’écrit comme à l’oral. Pour ce qui est de l’oral, j’ai appris à améliorer la qualité de ma voix dans un cours d’appoint. Auparavant, je faisais des abus vocaux afin de me faire comprendre par tous. Or, en situation d’enseignement, il est primordial que tout le monde puisse m’entendre, sans que je force ma voix pour autant. J’ai appris à ouvrir davantage ma bouche pour que ma voix puisse porter sans être forcée. Mon débit était également un des points faibles de ma voix, car il était trop rapide. Non seulement le public peut avoir du mal à saisir le contenu de mes propos, mais en parlant trop rapidement, je perdais moi aussi le fil de mes idées. J’ai donc appris à prendre davantage de poses et à ralentir mon débit. Finalement, pour ce qui est de ma voix, j’ai pris connaissance de bien articuler les mots, car en position d’enseignant, il est important de donner le parfait exemple de maîtrise de la langue.

À l’oral, j’ai également appris à éviter toutes erreurs de prononciation. La langue française arbore plusieurs accents qui ajoutent de la couleur et de la diversité. Cependant, j’ai pris connaissance des inconvénients que peuvent avoir ces accents sur la qualité de la langue et sur notre capacité de communication. En effet, c’est un travail ardu et continuel que d’éviter les régionalismes qui entravent une bonne relation de communication entre les divers membres de la francophonie. Je mets donc un point d’honneur à l’amélioration de mon accent afin de le rendre le plus international possible.

Pour ce qui est des erreurs à l’écrit, je considère qu’il est important de montrer aux élèves que nous devons tous faire attention à la qualité de notre français. Toutefois, je trouve également important de leur montrer qu’il arrive à tout le monde, même à leur enseignant, de faire des erreurs ou de ne pas connaître nécessairement l'orthographe d'un mot. Cela permet aux élèves de constater que l’apprentissage du français est continuel et surtout jamais complètement acquis.

« Un enjeu important de la compétence à écrire est de maitriser l’orthographe. […] Un rapport à l’orthographe, caractérisé par la crainte de la faute, conduit à l’inhibition du scripteur en développement. Ainsi, le scripteur peu habile va bien souvent renoncer à l’écriture » (DESROCHERS, A., MARTINEAU, F. et MORIN, Y.C. 2008, Orthographe française : évolution et pratique. Ottawa : Les éditions David.).

Il est donc très important pour l’enseignant de favoriser un apprentissage du français qui rime avec plaisir et non avec le sentiment d’échec qui est trop fréquent dans l’enseignement de la langue. La littérature devient alors un outil fort intéressant. Je vois en la littérature une possibilité d’enrichir notre vocabulaire tout en s’amusant. De plus, j’essaie d’utiliser le plus de véhicules pour enrichir la langue française, telle que la musique, le cinéma, les journaux, les bandes dessinées, etc.

L’enseignant se doit donc d’être un modèle en français pour ses élèves. Il doit également leur montrer les stratégies qui l’ont amené à se perfectionner en français, pour que l’élève comprenne mieux le travail qui doit être fait pour avoir acquis complètement les compétences de la langue française.

Lors de mes expériences parmi les classes du préscolaire et du premier cycle, j’ai découvert l’importance de la lecture d’histoire et des orthographes rapprochées. Ces deux types d’activités permettent à l’élève de s’initier à la pratique du français, d'en comprendre les normes et les stratégies même s’il n’a pas encore complètement acquis les compétences en lecture et en écriture. (Lavoie, N. (2006). L'éveil au plaisir de lire et d'écrire.) Au préscolaire, j'y accordais d'ailleurs une grande importance et les enfants avaient du plaisir à écrire, notamment des cartes postales envoyées à Monsieur Castor, la mascotte de la thématique des enfants du monde qui prenait un soin très particulier à répondre à tous les enfants lui écrivant. Comme quoi, apprendre à lire et à écrire peut se faire par le plaisir.