Lors de la première semaine, j’ai fait
l’analyse des bénéfices du sourire. Golliman considère que plus nous sourions,
plus nos interlocuteurs seront détendus et optimistes. Ainsi, comme l’exprime
Saint-Exupéry, sourire est l’essentiel, surtout en enseignement, car il est le
témoin de ma satisfaction d’un comportement et de la présence de mes élèves. Premièrement,
j’ai remarqué que je souris très souvent à mes élèves : lors de l’accueil,
lors du départ, lorsque j’écoute mes élèves, lorsque ils travaillent et même
parfois lorsque ils font des « bêtises ». Mon sourire, s’il n’en déclenche
pas un chez mon élève, le rassure tout du moins et j’ai observé que mes élèves
semblaient plus joyeux lorsque j’étais présent et souriant. Avec un sourire, la
communication se fait toute seule. C’est comme si je disais à mes élèves que je
les vois et que j’appréciais les moments que nous passons ensemble. Lorsque mes
élèves me sourient, je suis plus attaché à eux et j’ai le désir de les aider
davantage. Je suppose ainsi que mes élèves désirent davantage me plaire et bien
se comporter lorsque je leur souris. Finalement, j’ai remarqué que lorsque une situation me posait problème, par exemple le fait qu’un élève me coupe la
parole, il me faut parfois seulement quelques secondes de plus afin de sourire
pour que je puisse prendre le recul nécessaire pour relativiser le problème.
Pour aider mes élèves à être plus responsables
de leur bonheur, je leur ai donné des petits devoirs d’optimisme. Le premier
était de sourire à quelqu’un. Le second de sourire à un inconnu. Mes élèves ont
apprécié de faire ce petit devoir qui paraît simple, mais qui ne l’es pas
toujours. Il faut se rendre vulnérable et les réactions des autres ne sont pas
toujours celles que nous espérions! Certains élèves se sont même faits demander
s’ils étaient idiots! Nous en avons bien ris et je leur ai expliqué que ces
personnes avaient peut-être moins l’habitude de recevoir un sourire. Je leur ai
expliqué qu’il faut entraîner le cerveau des autres comme le nôtre à développer
les liens vers le positivisme et que cela peut parfois prendre du temps! Mes
élèves me font encore part qu’ils ont souris à des inconnus ou à des membres de
leur famille et je continue de les guider dans leur attitude positive!
« Le vrai bonheur ne se conjugue ni avec le verbe avoir, ni avec le verbe être. Le vrai bonheur se conjugue avec le verbe rendre. Rendre heureux : rendre le charme donné, rendre l'âme et renaître altéré, accueillir les autres en soi-même et plonger dans des hospitalités de liesses et de réconforts. » de Vincent Cespedes
Lors de la deuxième semaine, j’ai ainsi
analysé l’impact de l’accueil que je fais le matin et le soir à mes élèves.
J’ai pris l’habitude de serrer la main de tous mes élèves depuis le cours
d’attachement il y a de cela plus de deux ans. Je trouvais intéressant
d’observer à nouveau l’impact de cette habitude qui ne se résume pas seulement
à serrer la main et à dire bonjour à chaque élève, mais également à prendre le
pouls de chacun, de prendre de leur nouvelle. Lors de cette semaine, j’ai
remarqué que lorsque j’ai donné l’opportunité à mes élèves de s’exprimer le
matin et de me donner de leur nouvelle, ceux-ci ont moins le désir de parler
pendant que j’enseigne. Ils ont ainsi eu l’opportunité de s’exprimer et le lien
d’attachement continue de se développer à l’aide des dépôts que je fais pendant
et après l’accueil. Nous rions des interventions de quelques-uns et les liens
se tissent également entre mes élèves.
Travaillant le surréalisme en art, nous discutions
le matin de nos rêves. Même si certains élèves ne désiraient pas partager leurs
rêves ne voulant pas se rendre vulnérables devant tout le groupe, le fait que
je raconte mes rêves le matin les amusait et j’ai remarqué que certains
prenaient conscience de l’importance qu’ils avaient dans ma vie lorsqu’ils
étaient impliqués dans mes rêves! J’ai découvert le monde riche et créatif de
certains élèves et j’ai moi-même appris l’importance que j’avais dans le
subconscient de mes élèves!
« L'habitude de penser empêche parfois d'éprouver le réel, immunise contre lui, le fait paraître de la pensée encore. Il n'y a pas une idée qui ne porte en elle sa réfutation possible, un mot le mot contraire. » de Marcel Proust
Lors de la troisième semaine, j’ai fait
l’analyse de ma capacité de réfuter, c’est-à-dire de remettre en cause nos
propres idées noires devant les adversités. Je l’ai moins travaillé
personnellement, mais plutôt avec mes élèves. J’ai ainsi pris conscience que
j’étais un agent de réfutation pour mes élèves, surtout pour l'un de mes élèves plus négatif que les autres. Pour lui et pour d’autres élèves ayant un fort anxieux,
l’adversité déclenche des pensées négatives automatiques qui les détruisent
petit à petit. Je suis à l’aise, depuis le cours sur l’intelligence
émotionnelle et le cours sur l’accompagnement de l’anxieux et du stressé de mes
élèves, de reconnaître les pensées qui peuvent être négatives et les
comportements qui résultent de l’émotion et de la cognition. Ainsi, j’aide mes élèves à prendre le recul
nécessaire pour réfuter les interprétations négatives qu’ils se font des
adversités qui s’offrent à eux. Pour y arriver, il faut que je sois moi-même à
l’aise de prendre cette distance nécessaire. J’ai remarqué que certains élèves
ont fait des progrès incroyables et sont maintenant capables de réfuter davantage
leurs interprétations négatives.
Maintenant que j’ai pris conscience de
l’impact des attitudes et des techniques que je mettais déjà en place dans mon
quotidien, je désire me déstabiliser davantage et choisir des défis plus grands
pour être une enseignant, un collègue et un ami plus positif.
La semaine prochaine, je désire donc
« catch someone doing something right », ce que je fais avec un élève et qui fonctionne à merveille! Je veux le faire
avec mes collègues, mes amis, mes élèves … et moi! J




