Enseigner, c'est offrir une partie de soi.

On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est. - Jean Jaurès
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jeudi 15 avril 2010

Bilan d’une expérience riche en rencontres magiques

Le stage au préscolaire est terminé et c’est maintenant le moment de faire un bilan sur tout ce que j’ai développé durant cette période courte, mais riche en apprentissages. Durant les vingt-cinq derniers jours passés dans la classe de Madame Karen Jacques à l’Orée du bois à Saint-Lazare, j’ai vécu une expérience enrichissante et concrète pour l’enseignant que j’apprends à devenir. Tout au long de ce stage qui demeure l’un des moments forts de ma vie, des personnages imaginaires et colorés ont ajouté un brin de magie à nos journées et nous on fait découvrir le monde. À la manière des aventures vécues lors de mon stage au préscolaire, ces personnages viendront une dernière fois me rejoindre afin de me refaire vivre mes expériences et apprentissages.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

Planifier vous aide à mieux enseigner!

Demandez à Jeannot Lapin quelle est la clé du succès pour faire une chasse au trésor réussie dans l’école et il vous répondra la planification! En effet, bien qu’elle nous prenne beaucoup de temps, la planification est un outil essentiel, surtout en stage! C’est grâce à elle que j’ai pu bien maîtriser la gestion de mes activités durant mes journées de prise en charge. Elle me permet non seulement de mieux cibler mes objectifs et compétences que je désire faire travailler, mais elle me donne également l’opportunité de m’ajuster aux imprévus, car je sais où je m’en vais. En effet, il est essentiel de détailler chaque semaine et chaque journée pour savoir quels contenus nous allons véhiculer aux enfants. En plus, la planification de certaines activités plus difficiles nous permet de réfléchir à leur fonctionnement. Sans planification, je ne vois pas comment un enseignant pourrait s’y retrouver, surtout au préscolaire où les informations doivent souvent être illustrées et où les activités et ateliers demandent en général beaucoup de matériel et de temps à préparer.

Dans mes objectifs de stage, la planification a pris une place importante. Afin d’éviter des surprises désagréables dans mes activités, telles que le manque de temps ou de matériel, j’ai eu à réaliser des planifications précises et détaillées. Ma planification me permettait de me rappeler des différentes étapes d’une situation d’apprentissage que sont le déclencheur, le déroulement et l’objectivation. Dans mes planifications, je réfléchissais également au temps que l’activité pourrait prendre aux élèves et à une activité d’enrichissement pour les plus rapides. Je marquais également certains commentaires pouvant m’aider à gérer les particularités de quelques élèves. Par exemple, j’utilisais les élèves ayant des difficultés de langage pour expliquer les consignes afin qu’ils puissent s’exprimer. Malgré que je ne jetais que très rarement un coup d’œil sur ma planification durant l’activité, je pouvais la réviser le matin ou durant le dîner afin de me préparer à son fonctionnement et de prévoir le matériel.

Dans mon stage, la planification a eu une grande importance puisque je devais m’habituer à la routine de mon enseignante. Étant donné que j’avais également des élèves présentant des troubles envahissants du développement, je devais respecter le plus possible la routine de classe, afin d’éviter un choc trop brutal dans leur quotidien. D’autant plus que j’ai pris la classe en charge totale plus de jours que prévu, il fallait que je maîtrise jusqu’au bout des doigts cette routine : de l’accueil des élèves le matin au départ à la maison l’après-midi. La planification me permettait donc de vivre la routine avant l’activité, de cibler les moindres petits détails et particularités de la gestion de cette dernière et me servait surtout de référence lors de ma prise en charge.

Pour les élèves, j’étais plus apte à réfléchir au contenu à faire apprendre ainsi qu’à leurs interrogations plutôt qu’au déroulement de la journée que j’avais préparée à l’avance. Une fois la routine maîtrisée et les étapes de mes activités réfléchies, j’étais plus ouvert à laisser les enfants enrichir les autres par leurs découvertes et leurs remarques. Ils devenaient alors les acteurs de leurs apprentissages et c’est ma planification qui leur accordait cette place puisque je savais où je devais aboutir à la fin de l’activité.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

La gestion de classe, un jeu d’enfant?

Demandez à Monsieur Tricératops comment avoir un groupe en silence dans le couloir, il vous répondra que c’est en transformant une tâche ennuyante qu’est la gestion de classe en jeu que les enfants embarquent vraiment! Alors, faites-les marcher dans les couloirs à la manière des dinosaures qui doivent être en silence pour ne pas se faire manger par un Tyrannosaure et le tour est joué! Quoiqu’elle soit maintenant une force pour moi, j’ai beaucoup travaillé sur ma gestion de classe. Ce n’est pas toujours facile de gérer son groupe en respectant ses valeurs pédagogiques, en sanctionnant les mauvais comportements et en valorisant les bons, tout en n’accordant pas trop de temps à mettre en place et en restant simple!

Toutefois, je considère que le moyen le plus simple est le renforcement positif. Au lieu de punir certains élèves qui parlent en même temps que moi, je souligne le bon comportement d’un autre enfant qui lui est à l’écoute. Avec les enfants plus jeunes, ce type d’intervention marche à merveille, car tous veulent être montrés en exemple par le professeur! En plus d’obtenir le comportement que je désire, je n’ai pas à utiliser la négativité. Il est d’ailleurs toujours plus agréable de souligner le positif que de punir le négatif qui finit par être pesant en fin de journée. Par le renforcement positif, le climat de classe semble alors beaucoup plus serein et joyeux.

De plus, une chose que j’ai grandement appréciée dans la gestion de classe de mon enseignante associée en maternelle était sa façon d’éviter les problèmes. « Mieux vaut prévenir que guérir » n’est-ce pas? Alors, lorsque nous sentions que l’attention des élèves était plus difficile, les faire bouger très rapidement sur place afin de bruler leur énergie stockée s’avère être un petit miracle! Demander également à un enfant plus « actif » (sinon hyperactif) de faire un tour jusqu’au gymnase avec des poids (par exemple des lézards) puis de revenir en classe, tout en lui spécifiant que ce n’est pas une punition, fonctionne également très bien. Bref, il faut savoir être à l’écoute de son groupe et des particularités de ses élèves, afin de savoir prévenir les problèmes au lieu de devoir les régler.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

Le préscolaire, un monde unique et magique!

Demandez à Monsieur Castor ce qu’il pense du préscolaire et il vous dira que c’est un monde unique où les enfants apprennent réellement en s’amusant et où les compétences ont leur place plus que nulle part ailleurs! Il vous dira aussi qu’il suffit d’un peu de magie pour imaginer un castor faire le tour du monde et rencontrer des animaux extraordinaires à travers le globe qui écriront à la classe! Eh oui! Le préscolaire c’est cette naïveté qui fait de l’ordinaire l’extraordinaire. Une carotte oubliée sur une chaise doit alors nécessairement appartenir à Jeannot Lapin!

Dans ma classe, j’ai eu la chance d’observer l’apprentissage par thématique qui au préscolaire permet le développement global de l’enfant dans une grande variété d’activités. J’adore cette approche, car elle nous permet de vivre durant une certaine période de temps dans un contexte où nous enrichissons nos connaissances sur un sujet en profondeur.

En plus de l’approche par thématique, l’approche par atelier avait une grande place en classe. Les enfants y développaient alors beaucoup leur autonomie en se référant seuls à une démarche et en gérant le matériel mis à leur disposition. L’atelier obligatoire, que les enfants devaient faire en ateliers libres (jeux libres) au cours de la semaine permettait à ceux-ci de gérer leurs obligations. Savoir gérer le travail et l’amusement n’est pas facile, même lorsqu’on est adulte. Alors, cette pratique permettait aux enfants de développer leur sens de gestion du temps pour se préparer aux devoirs du primaire.

Le temps passant trop rapidement durant un stage, je n’ai malheureusement pu exploiter l’approche par projet, que j’aimerais développer dans le futur. Elle demande beaucoup de temps, mais permet de développer un grand nombre de compétences en plus de susciter l’intérêt des enfants lorsqu’il vient de leur propre chef. Malgré tout, nous avons tout de même travaillé les compétences essentielles à la réalisation d’un projet, telles que la collecte d’information, le choix du matériel et l’explication de sa démarche, pour ne nommer que celles-là.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

Un stage m’outillant pour le futur!

Durant ce stage j’ai appris énormément, mais j’ai surtout développé de nombreuses habiletés. Monsieur Ganesh vous dirait que l’une de mes forces est mon grand intérêt d’enrichir les connaissances des élèves vers des horizons très larges et souvent méconnus! L’histoire du dieu hindou Ganesh à tête d’éléphant a beaucoup intéressé mes élèves et les a motivés à réaliser de beaux éléphants d’Asie très colorés pour le festival des couleurs de New Delhi en Inde! C’est ce genre d’enrichissement qui me motive à pousser toujours plus loin le contenu de mes activités. J’ai donc appris à concrétiser mes passions et à les partager.

En plus de mon intérêt pour la culture, j’ai beaucoup appris grâce à mes réflexions faites dans mon journal de bord, avec mon enseignante associée et dans mon portfolio. La rétroaction a été l’une de mes grandes forces durant ce stage. Bien que parfois nous rentrons fatigués d’une grosse journée de pluie, la rétroaction nous permet de cibler ce qui a bien fonctionné et ce qui a été plus difficile. Ainsi, dans mon journal de bord, je ciblais des objectifs à travailler et essayais de trouver les moyens pour y parvenir. Cela a eu pour avantage que je réglais très rapidement les difficultés que je rencontrais.

De plus, j’ai pris de nombreuses initiatives, pouvant parfois représenter de gros défis. En faisant 13 jours de prise en charge totale de la classe, j’ai fait davantage que ce qui était demandé afin de vivre pleinement le rôle d’un enseignant. C’est quatre semaines de classe où j’ai vécu les hauts et les bas d’un enseignant, quatre semaines durant lesquelles j’ai pu progresser rapidement et jouir pleinement d’une bonne maîtrise du groupe après quelques jours. En plus de faire davantage de prise en charge, j’ai invité la famille d’une élève d’origine sénégalaise afin qu’elle partage avec le groupe sa culture africaine. Je suis heureux d’avoir osé inviter un parent en classe, car le lien entre la famille et l’école est très important. De plus, les enfants adorent avoir des invités, dont mon amie Gabrielle venue en classe pour faire une présentation sur l’histoire de l’autoportrait. Bref, il faut oser aller au-delà de sa zone de confort pour enrichir notre quotidien de classe.

Finalement, une autre grande habileté travaillée lors de ce stage est ma capacité à travailler en équipe. Ayant plus du quart des élèves en difficultés (dysphasie, trouble envahissant du développement, difficulté de langage), j’ai eu la chance d’avoir trois jours semaine une TES (technicienne en éducation spécialisée) et une stagiaire TES avec qui j’ai mis en place de nombreuses interventions. Que ce soit de faire participer davantage des élèves timides ou de discuter de ma façon d’enseigner, nous avons vécu de nombreuses situations comiques et stimulantes qui m’ont beaucoup appris sur leur rôle en classe.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

Un stage rempli d’imprévus enrichissants!

Lorsque j’ai rencontré pour la première fois mon enseignante associée en automne 2009, elle m’avait demandé ce que j’attendais d’un stage au préscolaire et je lui avais répondu franchement que je ne savais pas à quoi m’attendre. Je ne connaissais que très peu les enfants de ce groupe d’âge, le fonctionnement d’une journée à la maternelle ainsi que les contenus à leur faire apprendre. Tout cela m’était très étranger. Durant ma session d’hiver 2010, j’ai eu la chance de suivre le cours DID2100, Ateliers, activités, projets et jeux en classe préscolaire où j’ai pu répondre à toutes mes interrogations. Toutefois, il fallait maintenant que j’applique mes acquis universitaires sur le terrain. C’est avec confiance que j’ai commencé mon stage et pourtant j’ai rencontré de nombreux imprévus!

Parmi eux, celui qui m’a le plus frappé est la nécessité de tout expliquer en détail. En effet, au préscolaire tout devient un apprentissage : la façon de s’asseoir au coin-causerie, la façon de marcher dans le corridor jusqu’à la façon de faire ce qu’il faut aux toilettes! Alors pour l’adulte que je suis il était difficile de se remémorer tous les apprentissages que j’avais faits au cours de mes 15 années d’études! Et surtout, des plus élémentaires que l’enfant acquiert à la maternelle. C’est pourquoi les explications ont été l’un des plus grands imprévus de mon stage! J’ai dû m’y habituer rapidement et m’assurer que tout soit bien clair et détaillé.

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.

La fin d’une aventure pour un nouveau départ!

J’espère dans l’année qui s’en vient développer davantage ma compétence 5 : Évaluer la progression des apprentissages et le degré d’acquisition des compétences des élèves pour les contenus à faire apprendre, pour m’aider à mieux comprendre le domaine des évaluations. J’espère également être mieux outillé pour la compétence 8 : Intégrer les technologies de l’information et des communications aux fins de préparation et de pilotage d’activités d’enseignement apprentissage, de gestion de l’enseignement et de développement professionnel pour me donner de nouvelles idées sur l’utilisation des TIC. Surtout, j’espère être bien outillé pour mon prochain stage se faisant hors Québec!

Pour conclure, je laisse l’imaginaire de côté pour prendre le temps d’apprécier les personnes réelles qui m’ont aidé tout au long de cette formidable aventure et que je n’oublierai jamais. En effet, j’ai eu la chance unique de rencontrer tout d’abord une enseignante extraordinaire en qui je me reconnais en tout point et avec qui je partage beaucoup d’affinités. Dans sa gestion de classe, sa pédagogie et sa personnalité toujours positive, Karen restera longtemps un exemple pour moi. J’ai également travaillé avec des enfants fantastiques et présentant des défis forts intéressants qui m’ont permis d’apprendre davantage sur le métier. En plus des élèves et de mon enseignante associée, j’ai eu la chance d’être dans un milieu extraordinaire et de côtoyer des enseignantes et techniciennes dynamiques et chaleureuses. Elles m’ont beaucoup appris et m’ont ouvert sur la diversité qui existe parmi le corps professoral et qui en fait une richesse. J’ai finalement eu le grand privilège de rencontrer des parents d’élèves à qui je lève mon chapeau pour le temps qu’ils consacrent à leur enfant afin que celui-ci progresse et devienne un être hors du commun. Ces parents que j’ai côtoyés doivent souvent affronter de nombreux défis et des difficultés qui sont lourdes à leurs yeux. Malgré cela, ils nous laissent les guider et les conseiller afin d’aider leur enfant à développer leur plein potentiel. Merci à vous tous pour l’expérience riche en aventures que j’ai vécue!

Réflexions tirés du Bilan de stage 2, du cours FPM2500 : Stage d’enseignement II : construction de repères pédagogiques et culturels.